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FINALISTE PRIX DE LA CRITIQUE
DE L’ASSOCIATION QUÉBÉCOISE DES
CRITIQUES DE THÉÂTRE (AQCT)
CATÉGORIE JEUNES PUBLICS
Le voyage de Marie-Christine Lê-Huu
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Extrait
vidéo

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Le
Voyage
Texte et mise en scène
Marie-Christine Lê-Huu
Assistance à la mise en scène
Patrick Martel
Scénographie et marionnettes
Patrick Martel
Musique
Guillaume Sauriol-Lacoste
Éclairages
Thomas Godefroid
Réalisation et montage des projections
Simon Lanctôt
Assistance à la production
Maryline Gagnon
Interprètes-marionnettistes
Caroline Bernier-Dionne
Noë Cropsal
Alexandre Leroux
Félix Monette-Dubeau
Régie
éclairages et son
Maryline Gagnon ou Maude Serrurier
Fabrication
des marionnettes
Chef d’atelier
Patrick Martel
Personnel d’atelier
Isabelle Chrétien
Annie Durocher
Patrick Martel
Marie-Pierre Simard
Construction du décor
Joël Chabot
Merci à
Jean-Philippe Brochu
Miyako Komai pour ses conseils sur le Japon
Julie-Anne Ranger-Beauregard
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Un
enfant et sa mère marchent à travers les montagnes
du Japon pour atteindre une ville. L'enfant est en colère
contre sa mère. Il ne voulait pas venir au Japon. Et
maintenant, ils sont dans la neige au milieu de nulle part,
sans ressources; leur survie dépend de ce trajet épuisant
pour l'enfant. Sa mère, pour lui donner du courage,
lui racontera trois histoires. Parlant d’amour, de persévérance
et de patience, ces histoires l’aideront non seulement
à marcher dans le froid et le noir, mais aussi à
affronter ses peurs et à apprivoiser la nouvelle vie
qui les attend tous les deux.
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Le
mot de Marie-Christine |
On
parle peu aujourd’hui de persévérance.
Dans un monde où on cherche à tout acquérir
vite, avec le minimum d’efforts, c’est une notion
presque reléguée à la désuétude.
Et pourtant, il y a dans des vies d’enfants une multitude
de petits et de grands courages, d’obstacles à
surmonter, de peines profondes, de montagnes à gravir.
J’avais envie d’un conte, d’une fable qui
parle de ça : du courage à hauteur d’enfant
; de raconter des victoires qui ne se gagnent pas par la force
ou la vitesse mais par la patience et la persévérance.
J’ai vite pensé au Japon ; en tout cas à
l’image que j’ai de ses traditions culturelles.
Kazuo Ono, grand maître de buto¯ japonais, répondait
un jour à une femme qui le questionnait sur les raisons
de la lenteur de sa danse, qu’il dansait la naissance
du monde et qu’il n’imaginait pas pouvoir le faire
plus rapidement.
L’apprentissage de la manipulation des marionnettes
bunraku se fait par étapes, rigoureusement, sur de
nombreuses années. L’entraînement des tambourinaires
japonais procède d’une même pensée.
C’est une culture où la patience a un sens et
une finalité. Ces choses obtenues avec effort me touchent.
Un ami m’a raconté un jour un moment très
beau, entre lui et son père, au marathon de Montréal.
Il avait couru plus de trente-cinq kilomètres. Il en
restait six ou sept quand, tout à coup, son corps a
semblé vouloir abdiquer. Et c’est là que
commence ce moment lumineux de complicité où
son père, marathonien, l’accompagne, pas à
pas, lui donne le souffle de chaque effort nouveau, patiemment,
au détriment de son propre rythme, et le conduit jusqu’à
la ligne d’arrivée. Plus que la victoire, ce
qui me semble beau, c’est le trajet qui y a conduit.
C’est la fierté de celui qui mesure la valeur
de ce moment à la somme des efforts qu’il lui
a fallu.
C’est d’une envie de parler de ça que cette
histoire est née. L’histoire d’un petit
garçon qui ne voulait pas partir au Japon ; celle de
sa mère qui se met à raconter pour l’aider
à avancer dans le froid. Celle d’une longue traversée
qui permettra peut-être à l’enfant de voir
combien l’arrivée est précieuse.
Pour le reste, c’est l’aboutissement d’une
aventure collective que vous verrez ici. La présence
de chacun des interprètes s’y est inscrite, a
ouvert les horizons et fait dériver les envies. Il
y a des possibilités étonnantes de tendresse
quand les marionnettes de Patrick s’animent ; des possibilités,
aussi, de folie incandescente et de plaisir.
C'est avec bonheur, aujourd'hui, que nous partageons ça
avec vous.
Bon spectacle !
Marie-Christine Lê-Huu
Auteur et metteur en scène
Comédienne de formation, Marie-Christine
Lê-Huu partage son temps entre l’écriture
et le jeu. Elle a écrit une dizaine de textes pour
le théâtre dont Faust, pantin du diable et Les
Disparus, chronique de la cruauté qui lui ont tous
deux valu des nominations pour le Masque du texte original.
Sa pièce Jouliks, produite au Québec par le
Théâtre d’Aujourd’hui, a aussi fait
l’objet de productions en France et en Belgique. Pour
ce dernier texte, elle s’est mérité le
prix Sony Labou Tansi des Lycéens ainsi que des nominations
au Gala des Masques (texte original) et aux Prix du Gouverneur
Général.
Comme comédienne, elle a participé essentiellement
à des créations dont La Crise, d’Hélène
Ducharme, (Théâtre Motus); 2025, L’Année
du serpent de Philippe Ducros (Théâtre du Grand
Jour) et Jouliks (version québécoise). À
la télévision, elle a été de la
distribution de l’émission 4 et demi, et de la
série jeunesse Cornemuse. Son incarnation du personnage
de Tibor, et plus récemment celle du personnage d’Alia,
dans la série pour enfants Toc toc toc, lui ont valu
des nominations au gala des prix Gémeaux (meilleure
actrice, émission jeunesse).
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maquette
du décor
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Que
voyez-vous quand vous regardez des draps blancs? Moi, j’y
ai vu une maison, abandonnée peut-être, dont
tous les meubles sont recouverts de draps. En même temps,
j’y ai vu des montagnes de neige. En jouant avec ces
draps, des costumes, des corps et des personnages sont aussi
apparus. Par dessus tout, j’ai perçu dans cette
montagne de draps la possibilité de raconter des histoires.
J’aime les histoires. Elles me font voyager.
En créant l’univers visuel de notre Voyage, j’ai
eu la chance de parcourir le Japon sans même quitter
Montréal! Dans ce pays si mystérieux, j’ai
découvert des maisons, des meubles, des vêtements
et des rituels typiques. Tout cela allait m’inspirer
la scénographie du spectacle. Sur mon passage, j’ai
trouvé des mangas, ces fameuses bandes dessinées
japonaises, que j’aime tant, qui m’ont donné
du souffle afin d’imaginer et de dessiner les marionnettes.
Mon périple s’est aussi effectué dans
le temps, afin de scruter les traces du passé de nos
personnages : les objets laissés par eux qui en ont
souvent long à raconter.
Comme une expédition risquée, la création
de ce spectacle m’a poussé à affronter
l’inconnu et à foncer tout droit. Chaque nouvelle
découverte m’a donné le courage de continuer.
Heureusement, le voyage du théâtre ne se fait
pas seul. C’est en bonne compagnie que j’ai pu
traverser tant de kilomètres imaginaires et, la tête
pleine de nouvelles images, revenir à bon port. En
effet, un voyage se termine parfois là où il
a commencé. Revenir chez soi, c’est aussi dépaysant.
Tout semble voilé, comme recouvert de vieux draps blancs…
Mais il n’y a qu’à les soulever et nous
voilà repartis à la découverte!
Patrick Martel
Scénographe
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