Bref historique

Le Théâtre de l’Avant-Pays est né de la rencontre de marionnettistes issus de l’Université du Québec à Montréal et de comédiennes issues de l’option théâtre de Saint-Hyacinthe. L’objectif premier consistait à mettre en commun les expériences complémentaires pour créer un théâtre de marionnettes différent. Le Théâtre de l’Avant-Pays a débuté ses activités en 1976. Tout au long de son histoire et à travers 33 productions, la compagnie a présenté à son public enfance-jeunesse et adulte la diversité du langage « marionnettique ». À travers ses 35 saisons (1976-2011), la compagnie aura donné 3 505 représentations au Québec, en Ontario, au Nouveau-Brunswick, en France, en Belgique, en Allemagne et aux États-Unis prévoyant rejoindre 765 323 spectateurs. Plusieurs de ses spectacles ont marqué la pratique de la marionnette au Canada. Soucieux de populariser le médium de la marionnette, la compagnie a participé à plusieurs festivals tant au Canada qu'à l'étranger et organisé de nombreuses expositions.

Le Théâtre de l’Avant-Pays est une compagnie de tournée. Tous nos interprètes et créateurs sont pigistes et membres d’associations professionnelles. Le Théâtre de l’Avant-Pays est une compagnie incontournable lorsqu’on définit le travail de création en théâtre de marionnettes au Québec et au Canada. Le sérieux de sa recherche et le professionnalisme de ses productions contribuent à développer un théâtre de marionnettes vivant, diversifié et accessible

 
Parcours artistique

Dès les débuts, ses membres fondateurs optent pour un renouvellement de la forme en interrogeant la relation marionnette-marionnettiste-comédien, en exploitant un espace scénique éclaté, en intégrant au jeu la chanson, la musique, le masque et en adaptant la technique du théâtre Bunraku tant au niveau de la manipulation que de la construction même des marionnettes. Pour les auteurs qui collaborent aux premières productions, les sources d’inspiration se voient influencées par les possibilités d’expression de la marionnette et de son manipulateur. La venue de comédiens sur scène et la possibilité d’une interaction avec la marionnette tant au niveau du jeu que de la manipulation ébranle le concept « petite marionnette dans son castelet » et appelle une scénographie beaucoup plus éclatée où mobilité et transformation deviennent des éléments déterminants dont la mise en scène doit dorénavant tenir compte : il faut penser en fonction de la marionnette et de son environnement autant que de son manipulateur et de la relation qu’il peut entretenir avec sa marionnette.

Le Théâtre de l’Avant-Pays a donc choisi d’interroger à travers ses spectacles les spécificités et les ambiguïtés du médium de la marionnette. Ce questionnement se traduit par des spectacles aux choix esthétiques différents et par des approches de mise en scène complémentaires. L’écriture spécifique pour la marionnette devient alors une priorité et on assiste au développement de processus de création en accord avec cet objectif. Dès lors, chaque production comporte des périodes de laboratoires de recherche sur les types de marionnettes, les matériaux, les choix scénographiques et les répercussions au niveau du jeu (voix / sources de la parole / mouvement) et sur les options de mise en scène. Ces laboratoires se font en étroite collaboration avec l’auteur, le scénographe, le musicien, les metteurs en scène et les interprètes. C’est donc de concert avec ces créateurs que se bâtit une nouvelle production dans un processus de création dialectique. Cette recherche du Théâtre de l’Avant-Pays contribue à développer une dramaturgie propre au théâtre de marionnettes, à élaborer des scénographies adaptées aux multiples possibilités de ce médium et à établir de nouvelles relations dans les aspects de l’interprétation avec la marionnette en relation avec le jeu de l’acteur. En interrogeant ces diverses possibilités, les équipes de création contribuent directement à l’écriture même de toute nouvelle production. L’auteur se trouve alors encadré et supporté par les possibilités en mutation de la marionnette. Au cours des dernières années, dix objectifs de création ont été précisés à travers ces laboratoires de recherche :

Donner la priorité à l’émotion
Faire confiance au pouvoir des images
Maximiser l’expressivité et la mobilité de la marionnette en tenant compte de ses spécificités
Faciliter et maximiser le travail du marionnettiste
 
Créer surprises et magie
Laisser place au rituel dans la théâtralité
Poursuivre une démarche artistique intègre et conséquente sans oublier la notion de plaisir
Ne pas être prisonnier d’une histoire
Faire confiance à l’intelligence du spectateur

Respecter les paramètres physiques, logistiques et budgétaires de la production

Dans cette recherche pour développer une écriture spécifique, le spectacle Impertinence constitue un très bel exemple car il avait pour objectif premier de redonner à la marionnette sa qualité d’interprète. Pour ce faire, cette production proposait une marionnette sans trucage, sans costume, sans histoire. Ce personnage neutre sans parole trouvait sa grandeur d’interprète par la manipulation. Dans Impertinence on ne retrouve pas de scènes identifiables à la quotidienneté. Tout y est différent de ce que nous connaissons, pourtant on est bien près de la nature humaine. Ici il n’y a pas place à une histoire mais bien à des histoires, qui peuvent être perçues fort différemment.

Dans le spectacle Charlotte Sicotte, les créateurs questionnent les rapports entre un marionnettiste et ses marionnettes et suggèrent que les spécificités de ce théâtre constituent ses atouts les plus forts. Ainsi le processus de création lié à cet art peut devenir sujet de spectacle, la vie antérieure de la marionnette résidant dans sa création.

Les récentes productions Les Gardiens du feu et À nous deux ! ont été développées à travers des ateliers d’expérimentation, toujours avec la participation des différents concepteurs, en introduisant dans les différentes étapes de ces créations, des prototypes tant pour les marionnettes que pour la scénographie. Ce procédé a permis de ne pas arrêter trop vite les choix artistiques. Ces productions mettent en perspective les différents rôles des interprètes à titre de manipulateurs, acteurs, narrateurs et personnages-marionnettiques. Dans Les Gardiens du feu, la théâtralité et le rituel tiennent une place prépondérante. La scénographie favorise un jeu et une manipulation intimiste dans des lieux fictifs loin d’une réalité identifiable. La production donne la priorité à l’émotion en faisant confiance au pouvoir des images. Ici, tout comme dans le Bunraku, toutes les voix des marionnettes sont interprétées par un narrateur qui commente également les différentes actions ou changement de lieux.

Avec À nous deux !, l’exploration de la voix et de l’interprétation est poursuivie, mais cette fois-ci en intégrant un acteur qui intervient directement dans l’univers de la marionnette. L’utilisation d’objets choisis par l’acteur déclenche des situations. Il s’agit donc ici d’explorer les allers et retours entre des conventions du théâtre d’acteurs, celles du théâtre de marionnettes et du théâtre de l’objet. Cette dernière création propose une exploration sur le thème du double. La marionnette, symbole parfait du double au théâtre, se prête bien à ces variations. En effet, par sa nature-même, la marionnette présente une alternative comme double du corps humain, de l’acteur, du personnage et peut être même double d’elle-même.

Le Théâtre de l’Avant-Pays s’est toujours intéressé à tous les codes d’utilisation de la marionnette et à toutes les différentes lectures que peut susciter une telle recherche. Les processus de création dialectiques contribuent à l’écriture et à la mise en espace de productions actuelles où théâtralité, émotions et paroles diverses sont au rendez-vous pour à la fois toucher, conscientiser et étonner le jeune spectateur.

 

Michel Fréchette
Directeur artistique

 

 

 

ÉQUIPE DU THÉÂTRE DE L'AVANT-PAYS

Directeur artistique : Michel Fréchette
Directeur administratif : Michel P. Ranger
Directrice des communications : Francine Pinard
Directrice technique : Maude Serrurier
Scénographe : Patrick Martel
Responsable de l'animation : André Meunier

Membres du conseil d’administration 2011-2012

Président : Michel Fréchette
Secrétaire : Francine Pinard
Trésorier : Michel P. Ranger
Administrateurs :
Marie-Christine Lê-Huu
Patrick Martel


Le Théâtre de l'Avant-Pays reçoit des subventions pour son fonctionnement du Conseil des arts et des lettres du Québec, du Conseil des arts du Canada et du Conseil des Arts de Montréal.

Le Théâtre de l'Avant-Pays est membre de l'Association québécoise des marionnettistes (AQM), de la Maison québécoise du théâtre pour l'enfance et la jeunesse (MAQTEJ), de Théâtres Unis Enfance Jeunesse (TUEJ), de Unima-Canada (Union internationale de la marionnette) et de l'Association internationale des Théâtres pour l'Enfance et la Jeunesse (ASSITEJ Canada).

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Photos et illustrations:Luc Bernuy, Michel Cusson, Bernard Dubois, Michel Fréchette, Catherine Desjardins-Jolin, Fernand R. Leclair, Patrick Martel, Michel Proulx, Philip Rice, Suzanne Rochette, Pierre Soulard, Isabelle Veilleux, Suzane O'Neill.

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© Théâtre de l'Avant-Pays - 2011

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